Philippe de Moerloose : « l’Afrique regorge de perspectives dans le secteur de la distribution »

Auteur 28 novembre 2014 2
Philippe de Moerloose : « l’Afrique regorge de perspectives dans le secteur de la distribution »

Philippe de Moerloose est un entrepreneur belge, fondateur du consortium SDA-SDAI, spécialisé dans la distribution de marques automobiles, d’équipements, de machines et d’engins agricoles. À la tête de cette structure panafricaine et internationale, Philippe de Moerloose revient avec nous sur les spécificités de ce secteur et son expérience personnelle sur le continent africain.

Le secteur de la distribution en Afrique : entre turbulences chroniques et réelles perspectives de croissance, la nécessité d’une vision panafricaine

Depuis longtemps en Afrique, le faible volume des investissements privés dans le domaine des industries de transformation a favorisé l’expansion du secteur tertiaire des économies locales, et notamment l’émergence d’un sous-secteur de la distribution particulièrement dynamique. Organisé de façon plus informelle, ce secteur de l’économie africaine exige moins de frais fixes et offre souvent une rentabilité plus rapide – malgré une très grande diversité de situations. Il y a plus de vingt ans, en 1993, la distribution représentait déjà plus de 15% du PIB de l’Afrique Subsaharienne (1).

Pour tous les acteurs économiques présents sur le continent et spécialisés dans ce secteur, la distribution a toujours représenté un enjeu stratégique, moteur de croissance en même temps que souci quotidien. En Afrique, la distribution est en effet un poste sensible pour les grandes entreprises engagées dans le commerce international : des contraintes particulières demandent une capacité d’adaptation et une flexibilité importantes. Au-delà, le développement d’activités de distribution sur le continent nécessite une réflexion globale et la mise en place d’une vision panafricaine, qui dépasse les frontières, comme nous le confirme Philippe de Moerloose.

Aujourd’hui, l’Afrique est encore un continent jeune et en pleine croissance, confronté à d’immenses défis et qui souffre d’instabilités chroniques. Dans l’actualité récente, la meilleure illustration de cette complexité, c’est l’épidémie Ebola : « actuellement, ce sont trois pays d’Afrique où les acteurs économiques – grands ou petits – sont vraiment privés de moyens d’action pour une raison totalement exogène », déclare Philippe de Moerloose à ce sujet. Ebola, en tant que crise humanitaire et sociale, illustre effectivement une partie des difficultés que peuvent rencontrer les entreprises présentes sur le continent africain. D’où la nécessité pour un groupe implanté dans plusieurs pays d’avoir une vision panafricaine, c’est-à-dire continentale et non pas seulement locale. « Face à une crise comme celle de l’épidémie Ebola, on est dans l’obligation de prendre des mesures transnationales (moindre exposition des expatriés, rapatriement éventuel des employés ou collaborateurs, etc…) », ajoute Philippe de Moerloose en connaissance de cause, avant de conclure : « Développer une activité de distribution panafricaine, c’est donc comprendre les enjeux à l’échelle régionale pour être capable de mieux s’adapter et de faire vivre l’entreprise sur le long terme, même en cas de difficultés passagères ».

Dans le secteur de la distribution, qui souffre naturellement de turbulences, la prise en compte de ces difficultés et le développement d’une vision panafricaine est donc encore plus nécessaire qu’ailleurs. Elles conditionnent le futur succès d’une entreprise. Mais pour peu que ces défis soient relevés efficacement, la distribution panafricaine offre d’importantes perspectives de croissance.

Philippe de Moerloose, une solide expérience à la tête du consortium SDA-SDAI

S’investir dans le secteur de la distribution en Afrique, c’est donc un défi de tous les moments, qui demande une organisation sans failles et une très bonne connaissance du terrain. « Chez SDA-SDAI, le département logistique est très performant, capable de s’adapter très rapidement à toutes les problématiques qu’il rencontre », précise Philippe de Moerloose. Presqu’une obligation face au manque d’infrastructures modernes en Afrique (routes, voies ferrées, etc.). SDA-SDAI a ainsi la capacité de déployer pour ses clients des solutions personnalisées

La montée en puissance du secteur de la distribution panafricaine répond autant à un besoin concret qu’à une logique économique particulière. Les constructeurs ne veulent pas avoir de présences directes en Afrique : pour eux, cela représentent trop d’implications et de complications. Mais dans le même temps, les opérateurs du secteur BTP ou minier ont un besoin croissant de matériel de qualité, moderne et adapté à la mise en valeur du continent africain. C’est au centre de cette équation qu’apparaît un consortium comme SDA-SDAI, spécialiste de la distribution de marques automobiles, d’équipements, de machines et d’engins agricoles. SDA-SDAI joue un rôle d’intermédiaire entre les grands groupes constructeurs et leurs clients africains. Sa force, c’est sa réactivité et sa flexibilité, mais surtout, sa connaissance du terrain. À ce titre, le personnel du consortium belge est l’un des plus qualifié du secteur.

Et lorsque l’on demande à Philippe de Moerloose ce qui lui permet de dépasser toutes les contraintes précédemment évoquées, la réponse se trouve à mi-chemin entre le pragmatisme et l’optimisme : « Nous faisons en sorte de maîtriser les risques, d’un bout à l’autre de la chaîne, et dans le même temps, je ne peux m’empêcher de penser que le continent africain est encore celui qui offre le plus de perspectives dans le secteur de la distribution ». Une conviction qui n’a jamais quitté le chef d’entreprise belge depuis ses débuts. L’Afrique, c’est sa marque de fabrique : Philippe de Moerloose l’assume bien volontiers car il croit en ce continent qui l’a vu grandir – l’entrepreneur a passé toute son enfance en République démocratique du Congo.

Forts de leur succès, Philippe de Moerloose et le consortium SDA-SDAI n’hésitent pas s’impliquer pour soutenir le développement économique de l’Afrique. Gérald Jacqumin, en charge du développement international chez SDA, était ainsi présent au Rebranding Africa Forum qui se tenait à Bruxelles, le 18 octobre 2014. L’occasion pour lui et l’ensemble du groupe de rappeler leur volonté d’engagement sur le continent : « Nous croyons dans le dynamisme, le potentiel de développement et la croissance de nombreux pays africains ». Une vision résolument optimiste qui prouve que malgré les difficultés, dans le secteur de la distribution comme ailleurs, l’Afrique peut encore croire en elle et au succès.

1 – Janine Aron, Les fondements institutionnels de la croissance, article publié dans L’Afrique maintenant, ouvrage édité chez Karthala sous la direction de Stephen Ellis (1995).

 

2 commentaires »

  1. Stephen 8 décembre 2014 at 9 h 57 min - Reply

    L’Afrique est vraiment sur le point de franchir un cap et d’intégrer pleinement l’économie mondiale. Pour cela, il ne lui manque plus que la paix et des dirigeants capables. Espérons que cela arrive vite.

  2. Franck Tanasi 18 décembre 2014 at 20 h 43 min - Reply

    Il y a en effet une nécessité pour l’Afrique a dégager rapidement une vision panafricaine de la croissance, sans quoi, le développement risque de se faire pour le probit exclusif des multinationales.

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